Faut-il vraiment arrêter d’apprendre à coder ? Son avertissement fait débat

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Depuis toujours, on nous dit que les programmeurs auront le monde à leurs pieds. Oui, mais voilà : au pays des IA, un certain Jensen Huang – patron flamboyant de NVIDIA, éternellement vêtu de cuir, et star montante des sommets de la tech – vient de secouer la fourmilière. Son message lors du dernier Sommet mondial des gouvernements à Dubaï ? « Parents, arrêtez d’encourager vos enfants à apprendre à coder. » Rien que ça. Alors, faut-il vraiment ranger Python au placard ? Plongée dans un débat brûlant, entre révolution technologique et avenir professionnel…

L’avis tranchant de Jensen Huang : Quand l’IA ringardise la programmation

Cela fait des décennies que la programmation informatique est perçue comme une voie royale. De multiples spécialités, des salaires attrayants, des perspectives d’emploi quasi assurées : être capable de maîtriser Java, C ou Python a longtemps ouvert bien des portes. Mais à en croire Jensen Huang, cette époque serait en passe d’être révolue. Selon lui, l’irrésistible montée de l’intelligence artificielle va rendre cette compétence presque obsolète.

Au sommet de Dubaï, le PDG de NVIDIA n’a pas hésité à aller à contre-courant : alors que, depuis 10 ou 15 ans, tout dirigeant à sa place aurait martelé qu’il fallait apprendre à coder dès l’enfance, lui juge que ce n’est plus la priorité. Huang appelle plutôt à centrer l’apprentissage sur des connaissances de domaines spécifiques comme la biologie, la chimie ou la finance, l’IA prenant bientôt en charge le reste.

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Son argument ? Les technologies en développement chez NVIDIA permettront bientôt à n’importe qui de demander ce qu’il veut en langage naturel, l’IA générant alors le code correspondant, aussi performant que s’il avait été écrit par un as du clavier. Bref : tout le monde est potentiellement programmeur, selon Huang !

La résistance : le codage n’est pas mort, il bouge encore

Seulement voilà, tous ne partagent pas cette prophétie du « déclin du codeur ». Patrick Moorhead, analyste chevronné de Forbes, lui a d’ailleurs répondu avec aplomb sur les réseaux : « Depuis 30 ans, on me promet la mort du codage, pourtant il manque toujours de programmeurs. Les nouveaux outils ne tuent pas le code, ils ouvrent le métier à plus de monde ! »

  • Compilateurs, Basic, COBOL, Fortran, C… Chaque génération d’outils et de langages a été annoncée comme la fin du codage classique.
  • Les IDE, le low code ou le no code n’ont pas non plus éliminé le besoin de savoir coder.
  • L’IA met certes le code à disposition du plus grand nombre, mais, pour le moment, elle ne remplace pas les expertises humaines, surtout pour des logiciels complexes.

D’ailleurs, selon plusieurs développeurs interrogés, l’intelligence artificielle n’est pas encore perçue comme une menace directe. Beaucoup l’utilisent déjà pour des tâches précises, mais aucun ne verrait sa carrière menacée – du moins, pour l’instant. Générer un programme complexe et fonctionnel sans intervention humaine ? On en est encore loin.

Le marché, les chiffres (et un peu d’ironie)

La réalité du marché confirme d’ailleurs l’optimisme relatif des codeurs. Une récente étude de Bloomberry menée aux États-Unis montre que, suite à l’arrivée de ChatGPT, la demande de programmeurs a augmenté chez les indépendants :

  • La rédaction et la traduction ont chuté (jusqu’à -33 % pour la rédaction),
  • Le développement informatique, lui, reste très demandé.
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C’est donc, pour l’heure, toujours plus rentable de manier le langage C que le français ou l’anglais ! Sans compter que l’avènement de l’IA pourrait fragiliser d’autres professions, y compris, ironiquement, certains postes de managers ou de décideurs. Après tout, ChatGPT fait déjà mieux que beaucoup de conseillers en trading…

Réinventer son rôle ? L’IA, partenaire ou fossoyeur ?

L’histoire de l’informatique, c’est celle d’une évolution permanente. Certains comparent même la situation à celle des agriculteurs : l’invention du tracteur n’a pas tué l’agriculture, elle a transformé le métier. Seules les proportions ont changé, et l’évolution du code sera sans doute plus rapide (on parle de 15 ans, pas de 150 !). Tous les métiers, du traducteur à l’administration en passant par la recherche, sont concernés.

Finalement, si demain « tout le monde » peut générer du code, ce sont toujours les humains qui devront comprendre, vérifier, coordonner les systèmes – et surtout concevoir la prochaine génération d’IA. Même les IA les plus avancées dépendent encore des ingénieurs et des développeurs pour s’améliorer. L’apprentissage de l’algorithmique, quant à lui, apporte des bénéfices qui dépassent largement la programmation informatique pure ; il forme aussi la logique et la réflexion.

En conclusion : faut-il stopper net l’apprentissage du code ? Pour l’instant, non. Les évolutions sont rapides, mais humains et IA devraient évoluer main dans la main. Conseil pratique : si vous aimez résoudre des problèmes, améliorer le quotidien via la tech, et que les lignes de code vous parlent, foncez. Après tout, même avec le meilleur tracteur du monde, il faut encore bien savoir semer !