Attention, âmes sensibles s’abstenir : plongez dans l’histoire vraie d’Ed Gein, une saga si morbide qu’elle a traumatisé l’Amérique et inspiré le plus effroyable panthéon du cinéma d’horreur. Un voyage entre fascination glauque, enfance brisée et musée de l’innommable, où le mythe Hollywood croise la réalité la plus dérangeante.
Du fait divers à la légende noire : Ed Gein, l’homme qui fit frissonner l’Amérique
Netflix frappe fort cet automne avec le troisième volet de son anthologie « Monstre », dédié à Ed Gein, après le succès électrisant (et controversé) des saisons sur Jeffrey Dahmer et les frères Menendez. Mais qui était donc ce personnage à avoir valu pareille attention à Ryan Murphy et Ian Brennan ?
Surnommé « le boucher » ou encore « la Goule de Plainfield » – du nom de cette bourgade paisible du Wisconsin que ses crimes ont à jamais souillée – Ed Gein restera pour des générations comme le fétichiste nécrophile qui a glacé la colonne vertébrale d’une Amérique trop confiante. Grâce – ou à cause – de lui, la fascination populaire pour les tueurs en série a pris racine, et Hollywood s’en est vite emparé : Norman Bates dans Psychose, Leatherface dans Massacre à la tronçonneuse, Buffalo Bill dans Le Silence des agneaux… tous portent, à leur manière, l’ombre de Gein.
- Premier « monstre originel » populaire
- Inspirateur des plus grands psychopathes du grand écran
- Véritable mythe américain de l’horreur
Enfance toxique, solitude maladive et bascule dans l’horreur
Ed Gein voit le jour le 27 août 1906 à La Crosse dans le Wisconsin, second fils d’un père alcoolique et d’une mère épicière au fanatisme religieux maladif. Augusta, la matriarche, règne sur son foyer d’une main de fer, distribuant insultes, lectures sur le châtiment divin et mettant dans la tête de ses deux fils qu’approcher une femme, c’est pactiser avec le diable ! Résultat : Ed, moqué pour sa douceur et son aspect efféminé par ses camarades, plonge dans la solitude et les livres pour survivre à cette ambiance de fin du monde.
La suite n’arrange rien. Augusta isole sa tribu en rase campagne, retire Ed de l’école à ses 13 ans, et s’assure qu’aucune amitié ne vienne contaminer son innocence. Le garçon grandit dans une vénération malsaine pour sa génitrice. Mais le fragile équilibre vole en éclats le 29 décembre 1945, à la mort d’Augusta, laissant Ed, alors âgé de 39 ans, absolument seul face à un environnement qu’il redoute plus que tout. Entre obsession maternelle et fascination pour un univers féminin aussi interdit que fantasmé, sa folie couve ; alimentée par des lectures pornos, des ouvrages d’anatomie et des essais sur les « expériences nazies ». Sympa le programme du soir…
Il scellera alors les pièces où sa mère vivait, les érigeant en sanctuaire, et s’installera dans la cuisine, où il laissera libre cours à des fantasmes que l’on devine très « hors norme ». Passant à l’acte, il commence à déterrer les corps de femmes récemment inhumées… pour étoffer sa collection personnelle.
Un crime qui soulève le couvercle de l’indicible
Tout bascule un certain mois de novembre 1957 : Bernice Worden, 58 ans et tenancière de la quincaillerie du coin, disparaît mystérieusement. Enquête, indices, perquisition… et là, c’est l’horreur pure : les policiers découvrent chez ce cinquantenaire timide et discret le corps décapité et éviscéré de la malheureuse Bernice, pendue au plafond. Mais la cave d’Ali Baba, version film d’horreur, ne s’arrête pas là : Mary Hogan, disparue trois ans plus tôt, est aussi là, découpée.
La maison se révèle être un musée de l’abject:
- Restes humains transformés en vaisselle et objets déco
- Bols taillés dans des crânes, abat-jours et chaises en peau
- Masques faciaux, ceinture de mamelons, boîte à vulves séchées (si, si…)
- Pièce maîtresse : un costume de femme cousu en chair humaine !
Autant dire que les experts en déco intérieure sont restés sans voix.
Procès, internement… et éternité morbide
Arrêté le 17 novembre 1957, Ed Gein subit une évaluation psychiatrique qui le déclare schizophrène. Jugé inapte à comparaître en janvier 1958, il devient un patient modèle à l’hôpital de Waupun, puis, dix ans plus tard, suffisamment rétabli pour être présenté à un jury. Coupable de meurtre au premier degré, déclare-t-on rapidement. Mais son état mental est jugé altéré au moment des faits : il échappe à la prison et retourne à l’hôpital, où il terminera ses jours à Mendota, s’éteignant en 1984 d’un cancer du poumon, à 77 ans. Son ultime repos ? Le cimetière de Plainfield, entre papa, maman et son frère Henry… tout un symbole.
Sa disparition n’a effacé ni le malaise, ni la fascination. Hollywood, en particulier, puise encore dans cette descente aux enfers la matière à nous glacer. Mission accomplie pour la série « Monstre », qui promet déjà le même succès (et frissons) que ses prédécesseurs. Après tout, qui a dit que la réalité n’était pas plus effroyable que la fiction ?

Emmanuel est passionné par l’informatique, l’intelligence artificielle et les innovations technologiques. Il aime vulgariser des sujets complexes pour les rendre accessibles à tous. Curieux et rigoureux, il partage ses découvertes à travers ses articles sur le site.




