“Je voulais l’abandonner” : ce RPG de 200h m’a totalement bouleversé à 9,99€

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Je voulais l’abandonner. Deux fois, j’ai failli mettre The Witcher 3 : Wild Hunt au placard numérique, rangé entre « Je le ferai un jour » et « Peut-être à la retraite ». Mais ce RPG vendu régulièrement à 9,99 € m’a fait manger mon chapeau… puis mon temps libre – plus de 200 heures !

Le mur de la première rencontre

The Witcher 3 : Wild Hunt, signé CD Projekt, c’est un peu le grand manitou du RPG de la décennie. Couronné « Jeu de l’année » en 2015, il ramène dans son sillage une armée de fans, autant qu’il terrorise discrètement : oui, il y a foule chez les sorceleurs, mais certains, comme moi, ont vite reposé la manette, l’air dépité. Pourquoi ?

  • Un univers ultra-riche issu de plusieurs romans d’Andrzej Sapkowski et de deux précédents jeux.
  • Des non-dits et une géopolitique implicite à rendre jaloux les meilleurs concours d’histoire médiévale.
  • Une prise en main qui, sans background, peut dérouter : combattre comme Geralt demande d’apprivoiser une vraie « boîte à outils de sorceleur »… et d’éviter de foncer dans le tas à la Conan.
  • Un inventaire qui se remplit à toute vitesse et force à trier son bric-à-brac comme à la maison. Les marchands, quant à eux, deviennent vite aussi difficiles à convaincre qu’un banquier un lundi matin.
  • Une montée en niveau surtout liée à l’histoire principale, frustrant les assoiffés de quêtes secondaires simultanées.
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D’ailleurs, beaucoup ont laissé tomber, comme j’ai pu le faire – deux fois, la deuxième en plein confinement (la belle excuse !). Sortir de Blanchefleur, le village tutoriel, après avoir retrouvé Yennefer : et paf, rideau. La magie n’opérait pas… encore.

La troisième fois, la magie

Miracle ou persévérance ? Un peu des deux. Comme beaucoup, j’ai relancé The Witcher 3 après avoir boudé Cyberpunk 2077, le dernier « chef-d’œuvre » de CD Projekt auquel mon PC a poliment dit non merci. Et là, tout change : en ignorant mon incompréhension initiale, je découvre la générosité abyssale de cet univers.

  • Des régions somptueuses à explorer : Blanchefleur, Velen, Skellige… et, via le DLC Blood & Wine, la radieuse Toussaint, inspirée de la Provence.
  • Une écriture somptueuse et moderne même quand ça parle médiéval, qui va du cru au poétique, toujours limpide. La quête du Baron Sanglant ? Un monument, tout simplement. Mais qui se souvient aussi de la quête du chaman à la recherche de sa chèvre Princesse ? La tendresse dans un RPG, c’est possible.
  • Des aventures secondaires qui valent largement la quête principale : amour impossible, chasse au vampire en étant… ivre, ou décisions lourdes de conséquences qui modifient la destinée de tout un Duché (bonjour Blood & Wine et son épilogue XXL).

Hearts of Stone et Blood & Wine, les deux DLC inclus dans l’édition complète (oui, celle à 9,99 € en promo), prolongent la magie. Mention spéciale à Blood & Wine, son soleil doré et ses nouveaux personnages inoubliables comme Detlaff et Anna Henrietta : un adieu à Geralt de Riv qui vous laissera, selon vos choix, bouche bée ou la larme à l’œil.

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Et si ce n’était pas trop tard ?

Votre première fuite devant la quête principale ne fait pas de vous un hérétique. Pour beaucoup, il faut laisser mûrir : la traque de Ciri, la jeune femme introuvable, prend une tout autre dimension si vous lisez les romans après coup – mais même sans, vous trouverez de quoi vibrer, rire, souffler et parfois boire un coup avec un vampire (pour de faux, rassurez-vous).

L’écriture soignée, la diversité des personnages et l’éventail d’histoires vous attrapent à la gorge ou au cœur, c’est selon. Chacun reçoit une attention rare pour un RPG de cette envergure. Et l’ensemble sert, cerise sur le gâteau (ou sur la potion), d’excellente passerelle vers les livres ou le prochain épisode prévu… bien après 2027 !

Mon conseil ? Laissez-lui une dernière chance

Si, comme moi, vous avez couru loin de Blanchefleur à vos premières tentatives, il est temps de renouer avec ce chef-d’œuvre. Surtout que l’édition complète – les deux DLC inclus, rien que ça – s’affiche parfois à 9,99 €. Pour ce prix-là, vous risquez de vous retrouver comme moi : 200 heures plus tard, à raconter à qui veut l’entendre l’histoire d’un jeu qu’on avait bien failli abandonner… et qui vous transforme pour longtemps.