“Il est persuadé d’avoir trouvé la clé du voyage dans le temps”

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Voyager dans le temps : rêve de science-fiction ou prochain casse-tête des physiciens ? Si l’idée titille l’humanité depuis Jules Verne, l’imaginaire n’est pas seul à se creuser les méninges sur le sujet. Aujourd’hui, certains scientifiques sont convaincus d’approcher la clé de ce mystère, même si, pour l’instant, aucune DeLorean ne nous attend sur le parking.

Quand Einstein invitait l’espace et le temps à danser ensemble

Avant de foncer tête baissée (ou tête première dans un vortex temporel), rappelons comment les physiciens voient le temps aujourd’hui. Notre compréhension actuelle repose sur la théorie de la relativité générale d’Einstein. Grâce à elle, espace et temps fusionnent dans la notion d’espace-temps, ce fameux tissu à la fois fascinant et redoutablement complexe. Les physiciens ont vérifié cette théorie avec une précision digne d’un horloger suisse, et considérent qu’elle décrit le mieux la structure de notre univers. Ce bagage scientifique n’est pas qu’une jolie prouesse théorique: il a permis d’imaginer, sur le papier, différentes manières de voyager dans le temps.

Oui, des équations en béton armé existent, parfaitement compatibles avec la relativité générale. Mais deux obstacles gênants pointent le bout de leur nez :

  • La construction d’une machine à voyager dans le temps exigerait une matière dite exotique, c’est-à-dire dotée d’une énergie négative. La physique quantique offre une lueur d’espoir théorique pour créer ce genre de matière, mais en quantités ridicules et surtout, très éphémères. Pour l’instant, aucune preuve concrète !
  • Le second, bien plus vicieux, porte le doux nom de paradoxe temporel. Et là, ça se complique sérieusement…
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Le paradoxe de cohérence : le casse-tête ultime

Prenons le fameux paradoxe de cohérence (résumé ici sans aspirine !). Imaginez : vous construisez une machine à voyager dans le temps, puis vous remontez cinq minutes en arrière. Dans un accès de folie, vous détruisez la machine à ce moment-là. Seulement voilà : si elle a été détruite cinq minutes avant son utilisation, comment l’avez-vous utilisée cinq minutes plus tard ? Dilemme infernal. La machine n’existe que si elle a cessé d’exister : pas très pratique pour planifier ses vacances, et surtout, totalement illogique !

En science-fiction, on évacue généralement le problème : le héros fait tout pour ne pas modifier le passé (et sauver son chat par la même occasion). Mais pour la science, ce genre de paradoxe n’est pas un simple scénario improbable : il indique carrément une incohérence profonde dans la théorie. Ainsi, le voyage dans le temps ne serait pas seulement dangereux ou risqué, mais strictement impossible.

Changer les règles du jeu : l’audace de Novikov et la promesse des mondes multiples

Certaines têtes pensantes ont décidé de ne pas se laisser abattre par les paradoxes. Plutôt que d’exclure le voyage temporel, pourquoi ne pas éliminer les paradoxes eux-mêmes ? C’est la tentative du physicien Igor Dmitrievitch Novikov et son intriguant principe d’auto-cohérence.

Ce principe propose une idée révolutionnaire : le passé serait immuable. On pourrait voyager dans le passé, mais jamais le modifier. Les lois de la physique se débrouilleraient toujours pour préserver la cohérence de l’histoire. Dans le scénario de la destruction de la machine, par exemple, quoi qu’on fasse, on serait dans l’impossibilité de la détruire cinq minutes en avance !

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Hélas, ce principe laisse encore des paradoxes sans réponse. C’est là qu’interviennent Barak Shoshany, professeur assistant à l’Université Brock, et deux de ses étudiants. Leur proposition ? La théorie des histoires multiples.

Chronologies parallèles : la possible échappatoire

L’idée est séduisante : il pourrait exister plusieurs chronologies parallèles. On retournerait dans le temps d’une première chronologie, puis on modifierait les événements dans une seconde, sans rien changer dans l’originale. Simple, non ?

Mais l’univers accepte-t-il qu’on démultiplie les lignes temporelles comme autant d’abonnements télé ? La réponse est, pour l’instant, purement spéculative. Seule l’interprétation quantique des mondes multiples d’Everett vient, timidement, à la rescousse.

En tout cas, Barak Shoshany et ses étudiants n’ont pas lâché l’affaire : ils planchent depuis trois ans sur une théorie qui rendrait compatibles ces multiples chronologies avec la relativité générale. S’ils parviennent à leurs fins, les paradoxes de cohérence pourraient être exclus pour de bon. Et, qui sait, ouvrir la voie à une exploration du passé (en évitant, bien sûr, de s’auto-effacer du présent) ?

En attendant, mieux vaut ne pas miser sur un billet pour l’an 1900… mais les paris sont ouverts ! Peut-être qu’un jour, vous lirez cet article avant même qu’il ne soit écrit.