Ce blockbuster de 140 millions a ruiné la carrière d’un réalisateur adulé

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Il y a dix ans, Hollywood assistait à l’un des plus grands déraillements de son histoire récente. Un projet pharaonique, une équipe de rêve, tous les ingrédients du succès… mais la recette du désastre. Retour sur Tomorrowland, le blockbuster de 140 millions qui a, sans ménagement, envoyé la carrière de Brad Bird au tapis et coûté une fortune à Disney.

Un rêve de cinéma qui tourne au cauchemar

Tomorrowland : Le Monde de demain devait marquer un renouveau explosif pour Disney. Sur le papier, rien ne pouvait mal tourner : la promesse d’une aventure de science-fiction pleine d’espoir, George Clooney en tête d’affiche, un budget à faire pâlir n’importe quel banquier, et surtout Brad Bird à la réalisation. Rappelons-le, Brad Bird, c’est le magicien derrière Les Indestructibles ou Mission : Impossible – Protocole Fantôme, rien que ça !

On ajoute à l’équation Damon Lindelof (Lost, The Leftovers) à la coécriture, et un univers totalement original, inspiré d’une zone emblématique des parcs Disney… L’attente générait déjà des palpitations chez les cinéphiles. Pour enfoncer le clou, Disney organise un lancement massif, pile sur le week-end très stratégique du Memorial Day, période dorée pour les blockbusters. La fête s’annonçait grandiose.

Chiffres à la clé, illusions perdues

Et pourtant, la magie tant attendue n’a pas opéré. Malgré un démarrage en fanfare, Tomorrowland ne parvient jamais à trouver son public. Premier en salle à son arrivée, certes, mais l’élan retombe vite. Résultat :

  • 93 millions de dollars récoltés aux États-Unis
  • 115 millions à l’international
  • Un total planétaire de 208 millions
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À première vue, 208 millions, ce n’est pas ridicule. Sauf quand on ramène ça au coût global du film, estimé à 280 millions… sans même intégrer le marketing (autant dire, une fortune évaporée). Moralité : environ 140 millions de pertes nettes pour Disney. Même dans un coffre-fort façon Picsou, ça fait un sacré trou.

Un choc pour Disney, un couperet pour Brad Bird

Chez Disney, on frôle la stupeur : le studio, pourtant maître du divertissement familial, découvre à ses dépens à quel point miser sur une œuvre originale peut ressembler à une roulette russe, face à la domination écrasante des franchises et super-héros. Dave Hollis, alors à la tête de la distribution, avait bien tenté de défendre l’audace en prônant la créativité. Malheureusement, le public, lui, était déjà passé à autre chose…

Brad Bird, jusque-là sculpté pour la gloire, se prend la déferlante de l’échec de plein fouet. Après ce naufrage spectaculaire, sa trajectoire en prises de vues réelles est stoppée net. Désabusé (on le comprend), il se replie sur ses territoires de prédilection : l’animation. Il retrouve son ancien allié, Pixar, pour Les Indestructibles 2 en 2018. Son projet titanesque 1906, entre catastrophe et drame historique, reste durablement coincé dans les limbes d’Hollywood. Aujourd’hui, c’est sur Ray Gunn pour Netflix qu’il se concentre, renouant ainsi avec ses premières amours animées. Comme quoi, parfois, on ne peut pas aller plus vite que la musique de générique.

Tomorrowland : œuvre incomprise ou vrai fiasco ?

Dix ans ont filé, mais le souvenir du revers impose le respect, et Tomorrowland reste un objet filmique fascinant. Le film, porteur de belles intentions, d’un idéalisme débordant et de séquences visuellement bluffantes, demeure synonyme d’injustice pour beaucoup : un rêve de futur éblouissant, pulvérisé par l’implacable logique du box-office. L’échec retentit encore, autant dans les bilans financiers que dans le parcours brisé d’un réalisateur salué pour sa vision.

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À méditer, pour tous les amateurs de cinéma : même les rêves les mieux financés peuvent faire naufrage, quand magie et public ne se rejoignent pas. Et si, dans un monde saturé de suites et de super-héros, réhabiliter l’audace n’était pas la plus belle des aventures ?