Ces prédictions absurdes en tech qui ont coûté des milliards à leurs auteurs

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Prédire l’avenir ? Facile ! (Sauf quand on se plante royalement, et que ça coûte des milliards…)

Quand les « experts » voient de travers : les histoires qui piquent

Personne n’aime avoir tort. Mais il y a des erreurs qui laissent des traces… surtout quand elles concernent l’avenir de la tech et font rater le pactole à ceux qui les profèrent. Dans sa dernière newsletter SatPost, le journaliste Trung Phan s’amuse de ses propres prédictions très mal inspirées pour l’année 2022 (non, le bitcoin n’a pas atteint 100 000 dollars, Twitter n’a pas résisté à la privatisation et désolé pour les supporters canadiens, leur équipe de foot n’a pas fait main basse sur la Coupe du monde). Pourtant, rappelle-t-il, il y a eu dans l’histoire des prophètes bien plus téméraires… et malchanceux !

Petit florilège de visions brouillées

Remontons en 1903. Le président de la Caisse d’épargne du Michigan s’adresse alors à Horace Rackham, avocat d’Henry Ford. Sa sentence, aussi visionnaire qu’une taupe sous une couette : « L’automobile est une mode ; les chevaux sont là pour rester. » L’argument était basé sur l’observation pointue d’un boulevard de Detroit, où il notait la disparition progressive des cyclistes. Conclusion implacable : la voiture allait faire pschitt. Cinq ans plus tard, la Ford T déboule et cartonne. Les équidés n’ont plus qu’à ruer dans les brancards.

Dans les années 1970, Ken Olsen, patron de Digital Equipment Corporation, marquait les esprits avec une autre formule immortelle :

  • « Il n’y a aucune raison pour laquelle un individu pourrait vouloir un ordinateur à son domicile. »
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Il aurait eu le temps de réviser sa position avant de s’éteindre en 2011, mais le mal était fait : voilà une prédiction qu’il doit bien ruminer dans l’au-delà. Olsen n’est cependant pas seul à s’être trompé lourdement.

1992 : Andy Grove, PDG d’Intel, juge le téléphone mobile de poche « une chimère guidée par l’appât du gain ». Résultat : Intel loupe magistralement la vague du mobile, préférant regarder passer les trains high-tech depuis le quai.

Des Français, les doigts dans le pot de confiture

Qu’on ne vienne pas croire que seuls les Américains excellent dans l’erreur. En 2001, Pascal Nègre, alors à la tête d’Universal Music, jette l’anathème sur le web :

  • « Internet ? On s’en fout, ça ne marchera jamais. »

Comme lot de consolation, il n’est pas seul dans sa clairvoyance approximative !

En 1995, Robert Metcalfe (l’inventeur d’Ethernet) fanfaronne que le net sera « une supernova spectaculaire qui s’effondrera[it] en 1996 ». Paul Krugman, future Nobel d’économie, renchérit en 1998 dans une revue :

  • Internet ? Sa croissance va ralentir. La loi de Metcalfe s’applique : « La plupart des gens n’ont rien à se dire ! » D’ici 2005, on verra qu’internet n’aura pas eu plus d’impact que le fax…

C’est dans un article intitulé (vraiment) « Pourquoi la plupart des prévisions des économistes sont fausses ». Ironie savoureuse ! Krugman a depuis admis l’erreur et tente de se rattraper, mais même avec un triple salto arrière, le public reste sceptique.

Visionnaires, mais pas cette fois…

Steve Jobs, lui, s’est aussi pris les pieds dans le tapis. En 2003, interviewé par Rolling Stone, il balaye le modèle d’abonnement musical du revers de la main :

  • « Le système d’abonnement à un service de musique, c’est la banqueroute assurée. Même si vous incluiez le retour de Jésus dans un tel système, ça n’aurait aucun succès. »
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On plaint les fondateurs de Deezer ou Spotify qui auraient pris ce conseil au pied de la lettre.

Mais que Jobs se rassure, Apple a son lot de détracteurs illustres : en 2007, Steve Ballmer, boss de Microsoft, estime dans USA Today que l’iPhone va droit au mur. Selon lui, Apple ne dépassera jamais « 2 ou 3% » de parts de marché, alors que Microsoft trustera « 60 ou 70 ou 80% ». L’histoire jugera…

Enfin, le cloud aussi fut jugé impossible par de nombreux experts. Mais comme le souligne Trung Phan, plus la décision est grande, plus la chute potentielle est douloureuse. À leur décharge, même les oracles trompés avaient aussi, parfois, de bonnes intuitions et contribué à de prodigieux progrès technologiques.

Conclusion : une leçon à ne pas oublier

Que tirer de cette farandole de prophéties ratées ? Que personne, pas même les plus grands, n’est à l’abri de la boulette cosmique ! Si les erreurs coûtent (parfois très) cher, elles n’empêchent pas d’être acteur du progrès. Avant d’annoncer l’avenir de la tech autour du café, posons-nous peut-être la question : suis-je sûr de ne pas être le prochain exemple croustillant de prédiction foireuse ?