Cette découverte venue d’Afrique pourrait révolutionner l’informatique de demain

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Et si le futur de l’informatique naissait dans une mine oubliée d’Afrique ? Non, ce n’est pas le synopsis d’un film de science-fiction, mais bien la réalité d’une découverte qui pourrait, selon des chercheurs, transformer les technologies quantiques que nous connaissons.

Des particules hybrides nées du désert namibien

  • Une équipe internationale de scientifiques a réussi un exploit inédit : produire des polaritons de Rydberg à partir d’un minerai exceptionnel, extrait d’un ancien gisement de cuprite en Namibie, riche en cristaux d’oxyde cuivreux (Cu2O).
  • Le résultat ? Les plus grandes particules hybrides de lumière et de matière jamais créées ! Rien que ça. Ce n’est pas tous les jours qu’on repousse les lois de la physique…

Mais pourquoi tant d’enthousiasme pour ces polaritons de Rydberg ? Parce qu’ils pourraient ouvrir la voie à de nouveaux ordinateurs quantiques fonctionnant… à la vitesse de la lumière !

Lumière, matière : le duo gagnant ?

Pour comprendre ce qui rend ces polaritons si spéciaux, un petit retour s’impose. D’habitude :

  • Les atomes peuvent interagir entre eux, mais ils sont plutôt du genre escargot.
  • Les photons (les particules de lumière), eux, filent à toute allure, mais s’ignorent royalement les uns les autres.

Sauf que, pour obtenir des communications et traitements quantiques performants (vous savez, l’informatique du futur), il faut absolument des photons qui, au contraire, interagiraient… comme des humains lors d’un apéro.

C’est là que les polaritons de Rydberg entrent en scène : ces quasi-particules, moitié matière moitié lumière, passent joyeusement de l’un à l’autre. Et c’est précisément le côté « matière » qui permet des interactions inédites.

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Un cristal africain dans un écrin quantique

Comment ce miracle scientifique a-t-il été réalisé ? Les chercheurs ont utilisé la cuprite (une pierre précieuse contenant de l’oxyde cuivreux) pour son incroyable capacité : une fois refroidi à une température critique, ce matériau se transforme en supraconducteur hors du commun. Auparavant, on savait déjà que l’oxyde cuivreux hébergeait d’énormes excitons de Rydberg, atteignant le micromètre – une taille parfaite pour les interactions recherchées.

Ces fameux excitons, pour les non-initiés, sont des quasi-particules neutres (imaginez une paire électron-trou d’électron qui se la coule douce, mais liée par une force électrique robuste). Dans les bonnes conditions, ils se marient avec des photons. Le lieu du mariage ? Un interféromètre de Fabry-Perot, autrement dit une cavité tapissée de deux miroirs plan-parallèles ultra-réfléchissants où la lumière adore jouer au ping-pong.

Les scientifiques n’ont pas hésité à amincir et polir leur cristal namibien jusqu’à obtenir une plaque de 30 micromètres d’épaisseur : plus fine qu’une mèche de cheveux humains ! Direction ensuite le cœur de la cavité pour en faire la star du dispositif.

Et le résultat n’a pas traîné : des polaritons de Rydberg de 0,5 μm de diamètre, soit 100 fois plus gros que tout ce qu’on avait vu jusqu’ici. « L’achat de la pierre sur eBay a été facile. Le défi, c’était de créer des polaritons de Rydberg très précis dans leur couleur », confie, amusé, Sai Kiran Rajendran, physicien à l’Université de St Andrews et membre de l’équipe.

Vers une révolution du calcul quantique ?

Mais concrètement, à quoi ça sert ? Selon Hamid Ohadi, autre membre de l’équipe : « Fabriquer un simulateur quantique avec de la lumière est le Saint Graal de la science ». Rien que ça ! Ces simulateurs, plus spécifiques que les ordinateurs quantiques généralistes, pourraient :

  • Résoudre des énigmes quantiques parmi les plus résistantes…
  • Dépasser les limites actuelles de la puissance de calcul pour percer les mystères de la physique, la chimie ou encore la biologie
  • Aider à développer des supraconducteurs haute température, essentiels par exemple aux trains à lévitation
  • Mieux comprendre le repliement des protéines, un Graal pour fabriquer des médicaments plus efficaces
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Et la saga continue : l’équipe travaille maintenant sur le contrôle de ces polaritons géants pour les intégrer dans des circuits quantiques, prêts à relever les défis du siècle. Comme ils l’écrivent eux-mêmes : « Ces résultats ouvrent la voie à la réalisation d’excitons-polaritons à forte interaction et à l’exploration de phases de la matière fortement corrélées à l’aide de la lumière sur une puce ».

On n’a pas encore de simulateurs quantiques dans notre poche, mais avouons-le : l’Afrique vient peut-être, discrètement, d’allumer la prochaine révolution numérique !