Quand une série propulse Netflix sur le champ de bataille politique américain : c’est l’effet « Boots », un succès aussi explosif à l’écran que dans les couloirs du Pentagone !
Un carton Netflix qui irrite le Pentagone
« Boots » n’est pas seulement la nouvelle chouchoute du Top 10 mondial de Netflix. C’est désormais le caillou coincé dans la Rangers du département américain de la Défense. Tandis que la série accumule les fans et les bonnes critiques, Kingsley Wilson, porte-parole du Pentagone, a décidé de passer à l’offensive, micro d’Entertainment Weekly en main : il accuse la série de « programme idéologique » et la trouve « dangereusement éloignée des valeurs militaires ». Rien que ça. Visiblement, ce n’est pas demain la veille qu’on les verra organiser une soirée binge-watching « Boots » à Fort Knox !
Et ça ne s’arrête pas là. Selon Wilson, sous la présidence de Donald Trump et la direction du secrétaire à la Défense Pete Hegseth, l’armée américaine « revient à une éthique de guerriers ». On sent ici du muscle, de la sueur, et surtout une volonté affichée d’excellence « uniforme et neutre sur le plan du sexe, car le poids d’un sac à dos ou d’un être humain ne se soucie pas de votre genre ou orientation ». Mais la vraie charge arrive vite : « Nous ne compromettrons pas nos standards pour satisfaire un agenda idéologique, contrairement à Netflix, dont la direction produit et diffuse constamment ce type de déchets woke à son public et aux enfants. » On ne peut pas dire qu’il manque de verve.
La politique s’en mêle : de l’idéologie dans le viseur
Derrière ces mots crus, il y a la politique américaine et une guerre ouverte contre la diversité. Pete Hegseth, comprenez bien, n’est pas un inconnu du côté des polémiques anti-LGBTQ. L’homme a récemment fait retirer le nom d’Harvey Milk – icône politique, militant des droits LGBTQ et, ironie du sort, ancien marin – d’un navire de la Marine américaine. Cerise sur le gâteau : il a aussi agi pour exclure les militaires transgenres et promettre la fin de la « culture woke dans les forces armées ». Ambiance.
« Boots » : plongée dans les bottes d’un autre genre
Mais qu’a donc cette série pour provoquer tant d’émoi institutionnel ? « Boots » est adaptée du récit autobiographique « The Pink Marine » de Greg Cope White. Au cœur de l’intrigue : le parcours initiatique de Cameron Cope, un ado gay dans les années 1990 (interprété par Miles Heizer), qui s’engage dans les Marines pour ne pas quitter son meilleur ami Ray McAffey (Liam Oh). Et voilà nos deux compères jetés dans un camp d’entraînement sévèrement encadré par le sergent Sullivan (Max Parker), pendant que la mère du héros (Vera Farmiga) tente de décrypter l’univers dans lequel son fils plonge tête la première.
La force de la série, c’est son ton tantôt drôle, tantôt bouleversant. Elle braque le projecteur sur la rigidité d’un monde militaire peu ouvert à la différence, sans tomber dans le pathos pesant. Greg Cope White, lui-même ancien Marine, a mis la main à la pâte pour l’écriture du scénario. Dans son livre, il narre « la peur constante d’être découvert » et l’impitoyable réalité d’une carrière militaire où sortir du cadre était quasiment synonyme de suicide professionnel. Mais il partage aussi l’apprentissage inattendu de la camaraderie et de la résilience « dans un environnement hostile » – comme quoi, même dans les pires conditions, un brin d’humanité peut germer.
« J’ai compris que beaucoup d’entre nous, même les plus virils, se sentaient différents, rejetés ou inadéquats. L’armée, paradoxalement, m’a appris que la force vient aussi de la vulnérabilité », écrit White dans « The Pink Marine ».
Un message universel… et une polémique révélatrice
Miles Heizer (vu dans « 13 Reasons Why » ou « Parenthood ») s’est retrouvé personnellement dans ce rôle : « J’ai eu un coming out classique, malheureusement très douloureux. Ma famille était super conservatrice et religieuse. À 19 ans, c’était un cauchemar. Heureusement, ma sœur m’a soutenu et mes amis aussi. » Aujourd’hui âgé de 31 ans, il défend bec et ongles le message d’espoir de la série, la jugeant même « nécessaire dans une Amérique qui régresse ».
- Une success story, oui, mais qui n’a pas fini de bousculer les codes
- Un miroir tendu à une société américaine divisée sur ses valeurs
- Un plaidoyer pour plus de compréhension, et une invitation à ne pas surréagir devant la différence
Alors, déchets woke ou série à voir absolument ? Pendant que les débats enflamment les plateaux télé et les réseaux sociaux, peut-être est-il temps de regarder « Boots » d’un œil neuf, et qui sait, d’y trouver un peu de cette force que la vulnérabilité peut offrir. Parfois, connaître un esprit différent aide à tracer sa propre trajectoire… même dans la tempête.

Emmanuel est passionné par l’informatique, l’intelligence artificielle et les innovations technologiques. Il aime vulgariser des sujets complexes pour les rendre accessibles à tous. Curieux et rigoureux, il partage ses découvertes à travers ses articles sur le site.




