Pourquoi tout le monde parle de Lazarus, la série qui divise les spectateurs

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Entre le clin d’œil au surnaturel et le thriller psychologique bien huilé, « Lazarus » débarque en provoquant toutes les discussions, les éloges… et les débats animés au coin de la machine à café. Mais pourquoi cette série intrigue-t-elle autant et, surtout, pourquoi divise-t-elle autant les spectateurs ?

Un drame familial marqué par le temps et le mystère

Il y a vingt-cinq ans, tout semblait simple pour Joel, Jenna, Seth, Bella et Sutton. Cinq adolescents posaient, pleins d’espoir, pour la photo du bal de promo – image figée qui promettait des rêves d’avenir. Mais cette même nuit, le sordide s’invite à la fête : Sutton est assassinée. Le choc est d’autant plus brutal que c’est Joel, son frère, qui découvre le corps. Et, depuis, le bourreau court toujours.

La famille Lazarus vole alors en éclats. Jonathan, le père, reste à Manchester avec Jenna, tandis que Joel, marchant dans les pas psychiatriques de son père, s’exile loin. Vingt-cinq ans de silence, de douleurs étouffées, jusqu’au jour où, contraint par un drame supplémentaire – le suicide de son père, accompagné d’un message obscur : « Ce n’est pas terminé » et d’un dessin inquiétant – Joel revient à la maison familiale. Rien de tel pour réveiller les fantômes du passé…

L’audace du surnaturel dans l’univers Coben

Très vite, l’ambiance tourne à la valse des spectres. Joel est bombardé de visions : des fantômes, tantôt anciens patients de son père, tantôt membres disparus de sa famille. Point commun entre eux tous ? Une mort brutale, bien loin du genre « rendez-vous compte, j’ai raté le bus ». L’intrigue prend alors une tournure de chasse au tueur en série, et sème la zizanie dans les certitudes des amateurs de thriller classique.

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Mais l’originalité de « Lazarus » ne s’arrête pas là. Harlan Coben, le roi des faux-semblants et des rebondissements dosés au millilitre, s’aventure pour la première fois sur le terrain du surnaturel. Les puristes seront peut-être déstabilisés : qui dit fantômes, dit terrain miné dans une mécanique de thriller ! Pourtant, cette touche spirituelle confère à la série une dimension introspective et crépusculaire.

Une narration affûtée et une atmosphère pesante

  • Le récit prend son temps, installe sa tension et distille rebondissement après rebondissement, sans jamais verser dans la précipitation.
  • Les flash-backs sont présents, mais dosés avec tact, renforçant la mécanique diabolique des fausses pistes.
  • La mise en scène joue subtilement sur l’opposition passé/présent, réel/hallucination. Un pied dans le familier, l’autre dans l’étrange.

Six épisodes, pas d’adaptation d’un roman préexistant : on nage ici dans la création pure, coécrite par Harlan Coben et Danny Brocklehurst. Cerise sur le gâteau, le casting tient le cap. Sam Claflin (qu’on a vu dans « Hunger Games » et « Peaky Blinders ») incarne Joel, tout en intensité contenue – un numéro d’équilibriste entre douleur rentrée et tension extrême. L’ambiance oscille entre sobriété et trouble, pour instiller une atmosphère oppressante, mais jamais excessive.

Lazarus, une série qui ose et qui divise

Pourquoi tout le monde en parle ? Parce que « Lazarus » ne révolutionne peut-être pas le thriller psychologique, mais elle intrigue, capte l’attention, et laisse surtout poindre un auteur décidé à se renouveler. Coben s’essaie à une veine plus intime, plus sombre, et distille une tension constante, où chaque détail semble être une clé ou un piège.

  • Les amateurs de thriller classique sont assurés d’y trouver leur compte, entre fausses pistes et révélations maîtrisées.
  • Ceux qui craignent l’incursion du surnaturel devront peut-être réviser leur jugement : ici, le fantastique s’infiltre, ajoute du mystère, sans jamais tout phagocyter.
  • La lenteur du rythme initial pourra en dérouter certains, mais offre aux autres le temps d’entrer dans la psyché tourmentée de la famille Lazarus.
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En somme, « Lazarus », ce sont des retrouvailles avec la signature Coben, mais aussi la surprise de voir l’auteur s’autoriser à explorer d’autres territoires. Attention, série clivante en vue : vous risquez d’en discuter longtemps autour d’un café (ou d’un divan, pour rester dans l’ambiance psy…)