Température du corps humain : pourquoi la norme de 37°C est dépassée aujourd’hui

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Depuis des décennies, 37°C a été considéré comme la température corporelle “parfaite”. Mais si l’on en croit la science moderne, il est temps de chasser ce chiffre mythique de nos esprits… et de nos thermomètres. Un mythe qui s’accroche, mais qu’il faut désormais ranger avec les autres légendes urbaines, type l’homme qui aurait survécu trois ans en se nourrissant exclusivement de chips. Oui : notre corps refroidit, la norme a changé, et on vous explique pourquoi votre prochain 36,5°C n’a rien d’un mauvais présage.

La naissance du mythe : d’où vient la norme des 37°C ?

Nous avons tous grandi avec la petite rengaine : “La température normale, c’est 37°C !” Mais cette affirmation, aussi tenace qu’une chanson de l’été, n’est tout simplement plus correcte aujourd’hui. Les scientifiques le savent depuis deux décennies, mais la majorité continue de la brandir comme LA référence lorsque le thermomètre entre en scène.

Pour comprendre d’où vient cette énigme à 37 degrés, il faut remonter au XIXe siècle. À l’époque, un médecin officiant dans une clinique allemande s’est lancé dans une étude auprès de 25 000 personnes et a trouvé que 37°C semblait une belle moyenne à inscrire dans les livres. Mais les moyens de mesure étaient-ils vraiment fiables à l’époque ? Question légitime, que Philip Mackowiak, professeur émérite à l’Université du Maryland, s’est posé dès 1992. Selon lui, cette “norme” n’était peut-être déjà pas très juste à ses débuts, les thermomètres de l’époque n’étant pas vraiment ce qu’on appelle des modèles de précision suisses. Résultat : ce chiffre s’est imposé… et ne nous a plus quittés.

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Les études récentes : le corps humain se refroidit bel et bien

Exit le dogme. Les recherches modernes confirment que la température moyenne réelle de notre corps est en fait un brin plus basse, autour de 36,5°C. Plusieurs études sérieuses se sont penchées sur la question, histoire de remettre la pendule corporelle à l’heure (et à la bonne température).

En 2017, des chercheurs de l’université américaine Stanford ont publié une étude assez impressionnante : plus de 600 000 mesures de températures humaines, relevées entre 1862 et 2017, ont été analysées. Surprise ! La température corporelle moyenne a progressivement chuté au fil des décennies, de 0,03°C toutes les dix ans. Résultat ? On se retrouve autour de 36,5°C aujourd’hui, comme nouvelle norme.

Et ce n’était pas un hasard. Une étude menée en 2020 sous la houlette de Michael Gurven, anthropologue à l’Université de Californie, est venue corroborer cette tendance. Son équipe a pris la température – littéralement – du peuple des Chimanes (aussi appelés Tsimanes), des agriculteurs et chasseurs Boliviens vivant relativement isolés. Leur courbe suit la même pente descendante. Moralité : la planète chauffe peut-être, mais nous, on refroidit !

Pourquoi notre température baisse-t-elle ? Les pistes des scientifiques

Au jeu de l’explication, chacun a sa théorie (et personne n’est encore formel). Pour les experts de Stanford, l’évolution de nos modes de vie en serait largement responsable.

  • La température dans nos maisons change
  • Notre exposition aux micro-organismes varie
  • Notre alimentation s’est transformée

Julie Parsonnet, l’une des autrices de l’étude, rappelle ainsi que notre environnement au sens large n’a plus rien à voir avec celui de nos ancêtres.

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Les chercheurs de l’Université de Californie vont plus loin dans leurs hypothèses :

  • Climatisation et chauffage
  • Modifications de l’alimentation
  • Maladies chroniques variées
  • Évolution de l’activité du système immunitaire
  • Et même la prévalence de maladies dentaires ou de parasites
  • Sans oublier les habitudes de sommeil et les médicaments anti-inflammatoires

En résumé, les causes potentielles sont plurielles. Notre mode de vie moderne, ultra-connecté, climatisé, médicalisé et branché sur l’alimentation transformée a probablement poussé notre organisme à s’ajuster.

37°C n’est plus la limite : que faire quand le thermomètre s’emballe ?

Si l’aiguille affiche 37°C lors de votre prochaine mesure, inutile d’appeler illico la famille en panique ou d’entamer une cure de bouillons : il ne s’agit pas nécessairement d’une fièvre. Selon les données scientifiques les plus à jour, la température dite “normale” d’un adulte peut tout à fait varier entre 35,7 et 37,3°C.

  • En dessous de 35,7°C : là, ça commence à cailler sérieusement.
  • Au-dessus de 37,3°C : on franchit le seuil d’alerte.
  • Entre les deux : tout baigne, rien à déclarer !

Conclusion : vive la nuance, adieu le dogmatisme !

Si vous vouliez une raison de ranger le dogme du 37°C au grenier, la science vous l’offre sur un plateau : notre température baisse, c’est tout à fait naturel et, sauf cas particulier, nul besoin de s’inquiéter. La prochaine fois que vous sortirez le thermomètre, pensez à ce petit clin d’œil scientifique, et rappelez-vous : entre 35,7°C et 37,3°C, tout va bien. Inutile donc de suer froid si le chiffre dépasse l’ancien standard… Votre corps est simplement à la page !