Paris, capitale de tous les fantasmes, se retrouve une fois de plus sous les feux des projecteurs avec le retour d’Emily in Paris sur nos écrans. Cette série, tantôt adorée, tantôt moquée, ne se contente toutefois pas d’alimenter les débats sur Twitter : elle fait littéralement exploser l’économie touristique de la Ville Lumière ! Prêts à plonger dans les dessous d’un phénomène qui fait autant parler les Parisiens que tourner les compteurs des hôtels ?
Un blockbuster qui redessine Paris… et ses chiffres
Depuis son débarquement en 2020, Emily in Paris n’a cessé de fasciner le public international. Dès ses débuts, c’est un raz-de-marée : 58 millions de foyers, en moins d’un mois, se plongent dans le destin d’une jeune Américaine qui découvre, émerveillée, la capitale à travers une loupe… très flatteuse.
Mais cette success story télévisuelle a eu une conséquence que peu imaginaient : un boom du tourisme à Paris. Le phénomène porte même un nom digne d’un quiz de blind test : le set-jetting. Il s’agit de ces voyages déclenchés par le visionnage d’un film ou d’une série. Et Paris n’a pas tardé à voir fleurir :
- des visites guidées thématiques inspirées des lieux favoris d’Emily,
- des parcours organisés dans les quartiers immortalisés par la série,
- une hausse de la fréquentation pour certains hôtels, restaurants ou commerces – avec, en tête, une clientèle américaine aux étoiles dans les yeux.
Selon une enquête du Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC), pas moins de 38% des touristes interrogés déclarent avoir choisi Paris parce qu’Emily in Paris leur en a donné l’envie. Emily, ambassadrice officieuse de l’Office du Tourisme ?
La boulangerie la plus instagrammée de Paris… et ses inconvénients
Impossible de parler du raz-de-marée sans évoquer la « Boulangerie Moderne », nichée dans le 5ᵉ arrondissement. De simple boulangerie de quartier, elle est devenue une attraction touristique à part entière : c’est ici qu’Emily s’offre ses viennoiseries favorites. Le résultat ne s’est pas fait attendre : le patron constate une hausse spectaculaire du nombre de visiteurs depuis la diffusion de la série.
Cette popularité a tout de même son revers. Face aux files de touristes parfois déçus que le croissant ne chante pas « Bonjour » ou que les murs ne soient pas tapissés de selfies de l’héroïne, les gérants ont été contraints de rappeler que non, la Boulangerie Moderne n’est pas un décor permanent de Netflix, mais bien un commerce où les Parisiens continuent, stoïques, d’acheter leur pain.
Autour du Panthéon aussi, on croise désormais des groupes venus immortaliser les lieux de vie d’Emily. Pour les guides et restaurateurs du coin, l’effet Emily est devenu une réalité quotidienne, transformant le visage de la clientèle… et parfois leur niveau sonore.
Paris, version série : carte postale ou mirage ?
Tout n’est pas rose dans ce tableau édulcoré. Emily in Paris, c’est la capitale idéalisée : lumineuse, sans embouteillage, jamais un mégot par terre. Il paraît même que les équipes de tournage n’hésitent pas à installer des lampadaires qui n’existent pas, juste pour renforcer l’esthétisme « so frenchy ».
Dans cette fiction, Paris est propre, fluide, calme. Emily évite soigneusement les couloirs bondés du métro (alors qu’on sait bien qu’à côté d’eux, le périph’ à 18h est un havre de paix) et se balade du matin au soir dans des lieux impeccables. Une vision qui laisse rêveur… Sauf quand on vit sur place.
Le fossé est quantifiable : 67% des spectateurs pensent que Paris est propre, contre seulement 16% des Parisiens. Sur les réseaux, les jeunes citadins ne se privent pas pour montrer l’envers du décor avec humour et lucidité : loyers impossibles, appartements minuscules et métros saturés. Moins glamour, certes, mais la réalité n’est pas toujours digne d’un feed Instagram.
Quand la fiction fait rayonner l’économie… et le débat !
Qu’on l’adore ou qu’on l’adore détester, Emily in Paris a réussi là où beaucoup d’autres séries butaient : devenir un outil de soft power culturel. En valorisant la mode, la gastronomie et l’art de vivre à la française (rien de moins !), la série façonne l’image de la France à l’international, rien que ça.
Netflix ne s’y est pas trompé : la sortie de la cinquième saison relance une mécanique bien huilée où, en cinq ans, Paris a vu affluer touristes et devises… malgré les soupirs de ses habitants face à ce Paris fantasmé qui leur ressemble si peu.
Alors, la série divise ? C’est vrai. Mais elle fait surtout l’unanimité du côté des commerçants et des professionnels du tourisme, qui n’ont certainement pas envie de couper le son. Un conseil : la prochaine fois qu’on vous propose une visite guidée sur les traces d’Emily, gardez l’œil ouvert… et surtout, profitez-en pour vivre votre propre script, version réelle (croustillant compris) !

Emmanuel est passionné par l’informatique, l’intelligence artificielle et les innovations technologiques. Il aime vulgariser des sujets complexes pour les rendre accessibles à tous. Curieux et rigoureux, il partage ses découvertes à travers ses articles sur le site.




