Voici pourquoi on trouve de l’or caché dans certaines aiguilles de sapin

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Oubliez la quête du lingot caché dans la forêt : l’or existe bien dans les aiguilles de certains sapins, mais il va falloir une sacrée loupe – et le sens de l’humour – pour l’y trouver ! Plongée dans une découverte scientifique qui associe épicéas, bactéries et mystère doré… sans oublier la promesse, peut-être, d’une planète un peu plus propre.

L’or, secret bien gardé des épicéas

La nature adore les secrets et joue parfois à l’alchimiste mieux que n’importe qui ! Des chercheurs viennent tout juste de lever le voile sur un phénomène étonnant : la présence de nanoparticules d’or dans les aiguilles de certains épicéas. Après tout, qui soupçonnerait un sapin commun de cacher un trésor (bon, minuscule, mais quand même) ?

C’est dans le cadre d’une étude publiée le 28 août 2025 dans la revue scientifique Environmental Microbiome qu’une équipe finlandaise a signé cette trouvaille. Leur communication le dit clairement : pour la première fois, un lien a été mis en évidence entre la présence de nanoparticules d’or dans les aiguilles de quelques épicéas et des bactéries spécifiques. Rien que ça !

La biominéralisation, le pouvoir magique des plantes

Cet or là n’est évidemment pas celui qui rendrait riche un orpailleur, ni même qui attirerait les collectionneurs. Il provient d’un véritable tour de force biologique appelé biominéralisation. En clair ? Certaines plantes, lors de ce processus, accumulent des substances et minéraux inorganiques, comme l’or, qui se solidifient dans leurs tissus. Mieux encore : cela participe à leurs mécanismes de défense ! Après tout, pourquoi se contenter de piquants quand on peut miser sur un soupçon d’or ?

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Mais la vraie star de cette transformation, ce n’est pas uniquement le sapin lui-même. Selon Kaisa Lehosmaa, chercheuse à l’Université d’Oulu en Finlande et cheffe d’orchestre de l’étude, « nos résultats suggèrent que les bactéries et autres microbes vivant à l’intérieur des plantes pourraient influencer l’accumulation d’or dans les arbres ».

Sur la piste du trésor nordique : la méthode scientifique

Pour parvenir à leur découverte, l’équipe a écouté la logique : 138 échantillons d’aiguilles, 23 épicéas communs (Picea abies), tous situés à proximité d’un gisement minéral rattaché à la mine d’or de Kittilä, en Laponie finlandaise. Et là, chez quatre sapins, bingo ! Les chercheurs ont retrouvé des nanoparticules d’or – de l’ordre du millionième de millimètre – nichées à l’intérieur de certaines aiguilles. Inutile d’emmener votre loupe d’ornithologue, ici, l’or est totalement invisible à l’œil nu !

Mais comment se forme-il ? L’explication tient en deux temps :

  • Les gisements naturels libèrent, via oxydation et activité bactériologique, des ions métalliques (dont l’or) dans l’environnement.
  • Ces ions, présents sous forme liquide et soluble dans le sol, sont transportés par l’eau jusqu’aux aiguilles d’épicéa. À ce stade, certains microbes présents dans l’arbre précipitent l’or soluble en particules solides au cœur même de la feuille.

Les chercheurs ont séquencé l’ADN des biofilms trouvés dans ces aiguilles aurifères. Surprise ! Certains groupes bactériens, notamment P3OB-42, Cutibacterium et Corynebacterium, apparaissent en plus grand nombre là où se trouve l’or. « Cela suggère que ces bactéries spécifiques à l’épicéa peuvent contribuer à transformer l’or soluble en particules solides à l’intérieur des aiguilles », précise Kaisa Lehosmaa. Le mystère s’éclaircit mais n’est pas totalement percé.

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Cela dit, ne rêvons pas : la précieuse poussière d’or reste impossible à collecter industriellement. Les nanoparticules sont tout simplement trop petites pour une exploitation commerciale digne du Klondike.

Quand le vivant inspire la dépollution

Alors, pourquoi tant d’efforts pour un trésor aussi mince ? Les applications dépassent la simple curiosité : étudier ce mécanisme pourrait ouvrir de nouvelles voies pour purifier des eaux polluées par l’industrie minière. « L’étude de la biominéralisation nous permet également d’explorer comment les bactéries et les microbes vivant dans les mousses aquatiques pourraient contribuer à éliminer les métaux de l’eau », explique le Dr Lehosmaa. Une autre étude est d’ailleurs en cours sur ce sujet, car l’or n’est pas le seul métal malvenu que la nature pourrait aider à piéger.

En somme, si vous repérez un sapin particulièrement rayonnant cet hiver, ne vous précipitez pas à la banque : mais réjouissez-vous, la nature recèle bien plus de génie qu’on ne l’imagine… et pourrait bien détenir, à travers ses microbes invisibles, quelques clés pour la santé de notre planète.