Vous ignorez tout sur ChatGPT ? Découvrez ce que l’IA va vraiment changer
L’intelligence artificielle : partout et insaisissable… comme votre ex ?
« L’IA, c’est un peu comme votre ex : parfois fascinante, parfois effrayante, mais toujours présente, même quand on aimerait bien qu’elle nous lâche un peu. Elle est partout, de vos recommandations Amazon à votre ordinateur qui bug, en passant par votre aspirateur qui nettoie votre salon tout seul. » Voilà ce qu’écrit ChatGPT3, l’IA star du moment, lorsqu’on lui demande d’introduire la question, avec un brin de causticité. Il faut reconnaître que l’image fait mouche : aujourd’hui, l’IA a fait son nid dans tous les recoins de notre vie, souvent sans que l’on s’en rende vraiment compte.
Mais au juste, qu’est-ce que c’est, l’« IA » ? Pas facile de mettre la main dessus. Pour Magali Germond, data scientist et co-fondatrice de GoodAlgo, ce terme un peu fourre-tout cache « l’ensemble des technologies qui visent à rendre la machine capable d’effectuer des tâches complexes au service de l’humain ». Rien que ça !
Retour aux origines et enjeux de définition
Le concept d’intelligence artificielle ne date pas d’hier : il y a plus de 60 ans, le mathématicien Alan Turing lançait l’idée révolutionnaire de se demander si une machine pouvait penser comme un humain. Depuis, la marmite a bien mijoté et les théories se sont accumulées.
D’ailleurs, même les spécialistes n’osent pas toujours employer le mot « intelligence » : le Conseil de l’Europe souligne que malgré des résultats remarquables dans certains domaines, ils restent bien modestes comparés aux rêves nourris depuis des décennies.
Concrètement, il s’agit donc de créer des programmes capables de réaliser des tâches qui exigent habituellement notre intelligence d’homo sapiens : comprendre le langage, prendre des décisions, apprendre, percevoir des images, résoudre des problèmes. Pour y parvenir, l’IA apprend à partir de masses de données. Un exemple : on lui présente des milliers de visages, on précise à chaque fois qui apparaît sur chaque photo, et petit à petit, la machine devient capable de reconnaître toute seule les traits communs à un visage. Impressionnant, non ?
L’IA aujourd’hui : rapide, efficace, mais limitée
La grande force de l’IA, c’est justement cette rapidité d’exécution. Magali Germond insiste cependant : les IA actuelles sont conçues pour traiter des tâches bien précises. Aussi performantes soient-elles, elles savent faire ce pourquoi elles sont prévues… et puis c’est tout. Impossible pour l’IA d’improviser sur un imprévu ou de passer du coq à l’âne. Un manque de polyvalence qui la rend finalement moins redoutable qu’on le pense.
Parmi les exemples les plus parlants, citons :
- La recommandation d’achats en ligne. « Ces systèmes utilisent des algorithmes pour analyser les préférences des utilisateurs et recommander des produits en fonction de leurs historiques d’achat », détaille Églantine Schmitt, docteure en philosophie des sciences. L’algorithme recroise vos achats passés et ceux de profils similaires pour viser juste et tenter de prédire vos futures envies d’achat.
- Les chatbots : ces assistants virtuels, que vous croisez souvent sur les sites web, répondent à vos questions, aident à résoudre des soucis basiques ou délivrent des conseils tout en automatisant ce qui était, jadis, réservé à un humain.
Tout cela, c’est ce qu’on appelle de l’IA faible. Pour la distinguer d’une IA forte, matière à fantasmes et à science-fiction : un jour, des machines conscientes, capables de sentiments… On y reviendra. Pour l’instant, « ça reste purement fictif », rassure Magali Germond.
L’IA, entre fantasmes et réalités
C’est dans la science-fiction que l’on pioche la plupart de nos peurs et rêves sur l’IA : Terminator, Matrix et Blade Runner ont façonné cette figure de l’intelligence artificielle toute-puissante, dominatrice ou cruelle. Pourtant, la réalité en est aujourd’hui fort éloignée.
ChatGPT lui-même s’amuse : « L’intelligence artificielle, c’est un peu comme cette belle inconnue que l’on croise dans la rue. On ne la connaît pas vraiment, mais on fantasme sur elle, sur ce qu’elle pourrait nous apporter. Lorsqu’on se met à penser à l’IA, les fantasmes ne manquent pas ».
Ces fantasmes, justement : celui de la domination, incarné par Matrix ou Terminator, plonge ses racines bien plus loin, comme le souligne Églantine Schmitt, dans le mythe du Golem, cette créature qui échappe au contrôle de son créateur. Plus subtil, le fantasme de la perfection : une IA infaillible, jamais prise en défaut, une sorte de juge parfait pour le monde. Or, rappelle Magali Germond, « l’IA peut certes être très performante dans certains domaines, mais elle reste limitée par les données qui lui sont fournies. Et si ces données sont biaisées, l’IA reproduira alors ces biais ».
Pour le Conseil de l’Europe, l’idée d’imiter la cognition humaine supposerait de vraies percées scientifiques et non une simple amélioration du machine learning actuel, comme l’explique Yann LeCun, pionnier du deep learning.
Ce que l’IA va (vraiment) changer… ou pas
Faudra-t-il attendre un changement de paradigme technologique ? C’est probable, selon Églantine Schmitt. Mais cela n’empêchera pas l’IA de révolutionner des secteurs entiers de la vie quotidienne. Par exemple, le service client : dès que la fiabilité des algorithmes le permettra, ils pourraient entrer dans la danse des solutions retenues par les entreprises.
En attendant que la science-fiction devienne (ou non !) réalité, familiarisez-vous avec ces outils qui s’invitent partout. Car si l’IA n’est pas (encore) un super cerveau, elle impacte déjà notre quotidien. Et, qui sait ? Peut-être qu’un jour, même votre ex s’en remettra…

Emmanuel est passionné par l’informatique, l’intelligence artificielle et les innovations technologiques. Il aime vulgariser des sujets complexes pour les rendre accessibles à tous. Curieux et rigoureux, il partage ses découvertes à travers ses articles sur le site.




